Tout en souhaitant à tous une très bonne année 2026, je tiens surtout à souhaiter une bonne année aux colonies de vacances qui fêteront, en juillet, leurs 150 ans.
Je ne sais pas si cet anniversaire sera fêté dans les accueils de loisirs, ni si quelques organisateurs et/ou chercheurs essaieront de faire une manifestation, mais il me semble que l’on ne doit pas taire cet événement.
Les colonies de vacances ont été inventées par le Pasteur Bion, à Zurich. Il a eu la bonne idée d’amener des enfants chétifs de la ville à la montagne afin qu’ils prennent le bon air, qu’ils grandissent et grossissent. C’était en juillet 1976 (plusieurs ont essayé de raconter d’autres origines, mais aucun n’a pu les démontrer).
Cette invention s’est rapidement développée, en Suisse, bien sûr, mais aussi en Europe et dans le monde. Elle a permis à des millions d’enfants de partir en vacances. Pour beaucoup, c’était leurs seules vacances.
On y a fait des activités nouvelles qu’on ne faisait pas à la maison, on a découvert la vie en collectivité, on a joué, chanté, dansé, fait des spectacles… On est aussi allés faire des randonnées lointaines, on a dormi sous la tente, on a partagé sa chambre. On a rencontré des gens différents, parlé et joué avec de jeunes adultes, découvert des façons de vivre différentes… Bref on est revenus, riches de nombreuses expériences, avec plein de choses à raconter… et d’autres à garder secrètes.
En France, aujourd’hui, les colonies de vacances ont changé. Il y a eu des intérêts éducatifs, puis psychopédagogiques. Mais, après le boum des années 1950-1960, les effectifs ont commencé à diminuer. Il a alors fallu commercialiser afin de recruter, quitte à mettre l’éducatif au second plan. Après avoir voulu répondre aux besoins des enfants (qu’il fallait connaitre), de nombreux organisateurs ont du répondre aux envies des enfants (et des parents).
On a aussi changé les publics. Et de nombreux enfants pour qui aller en colo serait bénéfique doivent s’en passer (c’est trop cher, trop loin, trop long, trop…). D’autres, par contre, peuvent bénéficier de plusieurs séjours dans l’année.
Les colonies de vacances ont changé. On est passé d’un groupe d’enfants encadré qui partait chaque année au même endroit (souvent pas très loin, parfois dans le même département) à des enfants venus de différents endroits dans un lieu où ils doivent cohabiter avec des adultes inconnus pour un temps donné (9 jours en moyenne).
Il y a eu de nombreux rapports sur les colonies de vacances. Malheureusement, il sont souvent sans suite. De plus, il se limitent à aborder le point de vue des organisateurs, sans tenir compte des enfants. C’est pourquoi, par exemple, le coût des séjours est mis avant la relation entre les enfants et les adultes avant le séjour. C’est une des incidences de la commercialisation.
On pourrait peut-être profiter de cet anniversaire pour se poser de vraies questions, et pour essayer de ré-ouvrir les colos à ceux qui en ont le plus besoin, notamment ceux qui ne partent pas en vacances.
